Peu de logiciels réussissent à décrocher la même année une distinction de laboratoire indépendant et deux sanctions d’autorités publiques. Avast y est parvenu, et c’est précisément ce qui rend son évaluation intéressante : la qualité du moteur de détection n’a jamais été le point faible de cet antivirus. Le débat est ailleurs.
Faut-il encore installer Avast ? Sur la protection pure, la réponse est oui : le produit figure parmi les mieux classés des tests indépendants publiés en 2025, avec un impact très faible sur les performances de la machine. Les réserves portent sur deux autres terrains, la gestion passée des données de navigation et une politique tarifaire où le prix de renouvellement approche le double de celui de la première année.
En bref
- AV-Comparatives classe Avast Top-Rated Product dans son rapport de synthèse 2025, avec le niveau Advanced+ sur six tests sur sept.
- La version gratuite assure la détection en temps réel ; pare-feu, anti-phishing avancé et VPN restent réservés aux formules payantes.
- L’affaire Jumpshot a coûté à l’éditeur 16,5 millions de dollars aux États-Unis et 351 millions de couronnes en République tchèque, deux sanctions prononcées en 2024.
- Le tarif de renouvellement est le point que personne ne regarde à l’achat : il change complètement le calcul sur trois ans.
- 1 Ce que disent les laboratoires indépendants, chiffres à l’appui
- 2 L’affaire Jumpshot, et pourquoi elle pèse encore
- 3 Le vrai piège tarifaire n’est pas le prix affiché
- 4 Gratuit ou payant : ce que vous perdez vraiment sans payer
- 5 Les trois reproches que je maintiens
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Questions fréquentes sur Avast
- 6.1 Avast est-il vraiment gratuit, sans limite de durée ?
- 6.2 Avast ralentit-il l’ordinateur ?
- 6.3 Peut-on faire confiance à Avast après l’affaire Jumpshot ?
- 6.4 Faut-il garder Microsoft Defender en plus d’Avast ?
- 6.5 Avast protège-t-il aussi un Mac ?
- 6.6 Un antivirus dont la réputation dépend de sa maison mère ?
- 6.7 Vous aimerez aussi :
Ce que disent les laboratoires indépendants, chiffres à l’appui
Avast tient toujours le haut du classement sur la détection. Dans le rapport de synthèse annuel d’AV-Comparatives pour 2025, le produit obtient le niveau Advanced+ sur six des sept tests de la série grand public, décroche l’or sur le critère de faible impact système et l’argent sur le test Real-World Protection comme sur l’Advanced Threat Protection. Au total, il repart avec le label Top-Rated Product, aux côtés de Bitdefender, ESET, Kaspersky ou Norton.
Ce résultat sur l’impact système mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il contredit la réputation qui colle à Avast depuis des années. L’idée que cet antivirus « ralentit tout » vient d’une époque où la suite empilait des modules d’optimisation lancés au démarrage. Sur les mesures 2025, c’est l’inverse : le moteur est l’un des plus légers du panel testé.
Un point de vocabulaire, parce qu’il revient souvent dans les commentaires : un taux de détection très élevé ne veut pas dire protection totale. Aucun éditeur, Avast compris, ne peut garantir qu’une machine restera indemne, en particulier face à une attaque qui passe par l’utilisateur plutôt que par un fichier. L’antivirus réduit le risque, il ne l’annule pas.
L’affaire Jumpshot, et pourquoi elle pèse encore
Le vrai dossier noir d’Avast s’appelle Jumpshot. Cette filiale revendait à des tiers l’historique de navigation collecté par l’antivirus et ses extensions de navigateur, présentés comme des outils de blocage du pistage. Les données concernaient environ 100 millions d’appareils.
La Federal Trade Commission américaine a sanctionné l’éditeur en février 2024, avec un ordre finalisé en juin : 16,5 millions de dollars, et surtout une interdiction de vendre ou de céder sous licence des données de navigation à des fins publicitaires pendant vingt ans, assortie d’un audit indépendant annuel. En avril 2024, l’autorité tchèque de protection des données a prononcé de son côté une amende de 351 millions de couronnes, soit environ 13 millions d’euros, en retenant que les données transmises n’étaient pas réellement anonymisées malgré ce qu’affirmait l’entreprise.
Jumpshot a été fermée dès la révélation de l’affaire et le cadre imposé par la FTC court toujours. Reste que pour un lecteur qui choisit un antivirus en 2026, cette histoire n’est pas un détail d’archive : elle dit quelque chose de la façon dont l’éditeur a arbitré, à un moment, entre son modèle économique et la vie privée de ses utilisateurs gratuits. À chacun de décider du poids qu’il donne à cet antécédent.
Le vrai piège tarifaire n’est pas le prix affiché
C’est le point que je regarde en premier quand un client me demande si telle suite vaut son prix. Avast pratique une remise forte la première année, puis facture le renouvellement au tarif public. Voici ce qu’affiche la boutique française de l’éditeur au moment où j’écris ces lignes.
| Formule | 1re année | Renouvellement |
|---|---|---|
| Premium Security, 1 poste + 1 mobile | 41,88 € | 72,99 €/an |
| Premium Security, 10 appareils | 54,04 € | 99,99 €/an |
| Ultimate, 1 poste + 1 mobile | 69,48 € | 104,99 €/an |
| Ultimate, 10 appareils | 79,04 € | 139,99 €/an |
Sur trois ans, une licence Ultimate 10 appareils revient donc à près de 360 euros, pas à 79. Ce n’est pas propre à Avast, la moitié du secteur fonctionne ainsi, mais l’écart est ici particulièrement marqué. Mon conseil pratique : notez la date d’échéance dans votre agenda et désactivez le renouvellement automatique, quitte à repartir sur une offre de bienvenue ailleurs. Le même raisonnement vaut d’ailleurs pour Norton, autre marque du groupe Gen Digital, qui applique une mécanique commerciale voisine.
Gratuit ou payant : ce que vous perdez vraiment sans payer
La version gratuite d’Avast couvre l’essentiel : analyse en temps réel des fichiers, détection des logiciels malveillants, scan des vulnérabilités du réseau local. Pour un poste familial sous Windows utilisé par une personne prudente, c’est déjà un niveau de protection sérieux, et c’est ce qui explique la base d’utilisateurs énorme du produit.
Ce qui bascule dans le payant relève surtout du confort et de la défense périmétrique : le pare-feu maison qui remplace celui de Windows, la protection anti-ransomware par dossiers surveillés, le filtrage anti-phishing renforcé et le mode navigation sécurisée. Le SecureLine VPN et les modules AntiTrack ou BreachGuard sont vendus séparément ou intégrés aux offres hautes.
Mon arbitrage habituel : sur un poste Windows récent, Microsoft Defender fait aujourd’hui l’essentiel du travail de base, et Avast gratuit apporte surtout une seconde lecture. Passer au payant se justifie quand on veut regrouper VPN, pare-feu et protection multi-appareils sous une seule facture plutôt que d’empiler trois abonnements.
Les trois reproches que je maintiens
Le premier tient aux sollicitations commerciales de la version gratuite. Notifications de fin d’analyse qui suggèrent une mise à niveau, encarts pour les modules payants, rappels d’expiration : sur une machine confiée à un utilisateur peu à l’aise, ces messages ressemblent à des alertes de sécurité et provoquent des clics qu’on préférerait éviter.
Le deuxième concerne l’interface. La refonte a clarifié l’écran d’accueil, mais les réglages fins restent enfouis dans des sous-menus, et la frontière entre ce qui est actif, ce qui est installé mais désactivé et ce qui n’est qu’une publicité pour un module absent n’est pas toujours lisible d’un coup d’œil.
Le troisième est la redondance avec ce qui existe déjà sur la machine. Nettoyeur de disque, optimiseur de démarrage, gestionnaire de pilotes : ces briques font gonfler l’installation sans apporter grand-chose sur un système bien tenu, et ce sont elles, historiquement, qui ont valu à Avast sa réputation de logiciel lourd.
Questions fréquentes sur Avast
Avast est-il vraiment gratuit, sans limite de durée ?
Oui, Avast Free Antivirus reste gratuit sans durée limitée, sur Windows, macOS, Android et iOS, avec les fonctions de détection en temps réel. Le modèle économique repose sur la conversion d’une partie des utilisateurs vers les formules payantes, ce qui explique le volume de sollicitations dans l’interface.
Avast ralentit-il l’ordinateur ?
Les mesures d’AV-Comparatives publiées en 2025 placent Avast dans le haut du classement sur le critère de faible impact système, avec une distinction or. Un ralentissement perceptible vient plus souvent d’une analyse complète lancée en pleine journée de travail, ou de l’accumulation de modules annexes, que du moteur de détection lui-même.
Peut-on faire confiance à Avast après l’affaire Jumpshot ?
La filiale a été fermée en 2020 et l’éditeur reste soumis jusqu’en 2044 à l’interdiction américaine de vendre des données de navigation à des fins publicitaires, avec audit indépendant annuel. Cela encadre le risque sans effacer l’antécédent : c’est un arbitrage personnel, pas une question technique.
Faut-il garder Microsoft Defender en plus d’Avast ?
Non, et ce n’est de toute façon pas prévu ainsi : à l’installation d’un antivirus tiers, Defender bascule automatiquement en veille pour éviter les conflits entre deux protections en temps réel. Faire tourner deux moteurs actifs simultanément dégrade les performances sans améliorer la détection.
Avast protège-t-il aussi un Mac ?
Oui, une version macOS existe et détecte les menaces propres à cet environnement ainsi que les fichiers infectés transitant vers des postes Windows. Le périmètre des fonctions diffère toutefois de la version Windows, notamment sur le pare-feu et les modules d’optimisation.
Un antivirus dont la réputation dépend de sa maison mère ?
Le cas Avast n’est pas isolé : un autre éditeur du marché traîne un débat de confiance encore plus vif, pour des raisons totalement différentes. J’ai détaillé le dossier ailleurs.
Lire mon analyse des avantages et inconvénients de Kaspersky
Article mis à jour en août 2026. Sources consultées pour cette version : rapport de synthèse annuel 2025 d’AV-Comparatives pour les niveaux de récompense et les résultats de performance ; communiqués de la Federal Trade Commission de février et juin 2024 sur l’ordre visant Avast ; décision de l’Úřad pro ochranu osobních údajů (autorité tchèque de protection des données) d’avril 2024 ; boutique en ligne française de l’éditeur pour les tarifs de première année et de renouvellement. Les prix et le contenu des offres évoluent : vérifiez les conditions en vigueur avant tout achat. Aucun logiciel de sécurité ne garantit une protection à 100 % ; cet article présente un avis fondé sur des sources publiques et sur ma pratique, il ne remplace pas une analyse de risque adaptée à votre installation.
