Les avantages et inconvénients de Kaspersky pour la sécurité en ligne

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Il y a peu de logiciels dont on ne peut plus parler uniquement sur ses mérites techniques. Kaspersky en fait partie. Le moteur de détection reste l’un des meilleurs du marché selon les laboratoires indépendants, et pourtant l’éditeur a été interdit de vente aux États-Unis en 2024. Je vous propose de regarder les deux faces de ce dossier, sans esquiver ni l’une ni l’autre.

Faut-il choisir Kaspersky pour se protéger en ligne ? Sur la seule qualité de la détection, la réponse est oui : les tests indépendants placent l’éditeur au sommet, année après année. Mais la décision ne se joue plus uniquement là. Depuis les avertissements des agences allemande et américaine, un antivirus ne se choisit plus seulement sur son taux de détection, il se choisit aussi sur la confiance qu’on accorde à qui l’édite et à la juridiction dont il dépend.

En bref

  • Moteur de détection excellent : Kaspersky a atteint le niveau Advanced+ sur les sept tests grand public d’AV-Comparatives en 2025.
  • La gamme a changé de nom : Kaspersky Standard, Plus et Premium ont remplacé les anciens Kaspersky Antivirus, Internet Security et Total Security.
  • Le vrai frein est géopolitique : interdiction de vente aux États-Unis depuis 2024, mise en garde du BSI allemand depuis mars 2022, prudence exprimée par l’ANSSI en France.
  • Mon usage : je ne le déconseille pas techniquement, je ne le recommande plus par défaut à une entreprise qui travaille avec des clients internationaux.

Le moteur de détection tient toujours le haut du panier

Commençons par ce qui est mesurable. Dans le bilan annuel 2025 d’AV-Comparatives, laboratoire indépendant autrichien qui teste les suites grand public tout au long de l’année, Kaspersky figure parmi les sept produits distingués par le label Top-Rated et atteint le niveau Advanced+ sur les sept tests de la série. Deux médailles d’or lui reviennent : la protection contre les logiciels malveillants et le taux de faux positifs.

Ce second point mérite qu’on s’y arrête, parce qu’on le sous-estime toujours. Un antivirus qui bloque tout est facile à construire ; un antivirus qui bloque les logiciels malveillants sans mettre en quarantaine un fichier métier légitime est beaucoup plus rare. Sur ce terrain, Kaspersky est historiquement l’un des plus fins.

Catégorie AV-Comparatives 2025 Résultat de Kaspersky
Protection contre les logiciels malveillants Or
Faux positifs Or
Protection avancée contre les menaces ciblées Argent
Protection en conditions réelles Bronze

La question qui fâche : d’où vient l’éditeur

Kaspersky est une entreprise russe fondée en 1997, et c’est devenu le cœur du sujet. Trois positions officielles se sont empilées, et je préfère les donner dans l’ordre plutôt que de les résumer d’un mot.

Mars 2022, Allemagne. Le BSI, l’agence fédérale allemande de sécurité informatique, publie une mise en garde formelle contre l’usage des logiciels antivirus de l’éditeur, au motif qu’une entreprise soumise à la juridiction russe pourrait être contrainte d’agir contre son gré. Kaspersky a répondu publiquement que cette décision reposait sur des motifs politiques et non sur une évaluation technique de ses produits.

2022 également, France. L’ANSSI adopte une position plus mesurée : elle invite à interroger l’usage d’outils liés à la Russie et à envisager une diversification des fournisseurs, tout en précisant qu’aucun élément objectif ne justifiait alors de revoir son évaluation de la qualité technique des produits. C’est une nuance importante, et elle est toujours celle qui décrit le mieux l’état des lieux.

Juin 2024, États-Unis. Le département du Commerce annonce le 20 juin l’interdiction pure et simple de la vente des logiciels Kaspersky sur le territoire américain, effective au 20 juillet, avec un arrêt de la fourniture des mises à jour au 29 septembre suivant. C’est la mesure la plus radicale prise à ce jour contre l’éditeur.

Un antivirus privé de mises à jour devient un logiciel décoratif.

Je précise ce que ces décisions ne disent pas : aucune de ces trois agences n’a publié la preuve d’une porte dérobée dans le produit. Elles raisonnent en termes de risque et de dépendance, pas de faille démontrée. À chacun de décider si ce raisonnement le concerne.

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Ce que couvre la gamme aujourd’hui

Attention au piège des noms : les appellations Kaspersky Antivirus, Kaspersky Internet Security et Kaspersky Total Security ont laissé la place à une gamme en trois étages, Standard, Plus et Premium. Beaucoup de comparatifs en ligne parlent encore des anciennes versions, ce qui rend les comparaisons de prix confuses.

Ce que vous obtenez en montant en gamme

L’entrée de gamme couvre l’essentiel : analyse en temps réel, blocage des sites de phishing, protection contre les rançongiciels. L’étage intermédiaire ajoute le VPN sans limite de volume et la surveillance des fuites de données. Le haut de gamme y adjoint le gestionnaire de mots de passe, le contrôle parental et une assistance renforcée. Les trois couvrent Windows, Mac, Android et iOS depuis un même abonnement multi-appareils.

Les fonctions que j’utilise vraiment

Sur mes machines de travail, je me sers de l’analyse en temps réel et du filtrage web, point. Le VPN intégré à une suite de sécurité dépanne sur un réseau Wi-Fi public, mais je ne le mets pas au niveau d’un service spécialisé si vous avez besoin de choisir précisément votre pays de sortie. Quant au gestionnaire de mots de passe embarqué, il vous enferme dans l’écosystème de l’éditeur : le jour où vous changez d’antivirus, il faut tout migrer.

Les inconvénients que je retiens

Trois réserves techniques, indépendantes du débat sur la nationalité de l’éditeur.

La première concerne les machines anciennes. La suite complète reste plus lourde que l’antivirus seul, et sur un ordinateur qui rame déjà, l’analyse complète se sent passer. Sur du matériel récent, l’impact est difficile à percevoir en usage courant.

La deuxième, c’est le tarif de reconduction. Comme chez tous les éditeurs de sécurité grand public, le prix de la première année est un tarif d’appel et le renouvellement automatique se fait au prix plein. C’est la première case que je décoche après un achat.

La troisième tient à la densité des réglages avancés. L’interface principale est claire, mais dès qu’on entre dans les exclusions, les règles de pare-feu ou les niveaux d’analyse heuristique, il faut savoir ce qu’on fait. Un réglage mal posé peut faire plus de mal qu’une absence de réglage.

Alors, on l’installe ou pas ?

Voici la grille de décision que j’applique quand on me pose la question.

  1. Vous êtes un particulier, en France, sans contrainte professionnelle particulière : le produit fait techniquement le travail, la décision vous appartient et elle est légitime dans les deux sens.
  2. Vous travaillez avec des clients ou des filiales aux États-Unis : passez votre chemin, la contrainte réglementaire de votre partenaire s’imposera tôt ou tard à vous.
  3. Vous gérez un parc en entreprise : appliquez la recommandation de diversification de l’ANSSI, c’est de toute façon une bonne pratique quel que soit l’éditeur retenu.
  4. Vous hésitez encore : installez d’abord la version gratuite proposée par l’éditeur pour juger de l’ergonomie et de l’impact sur vos performances, avant tout engagement payant.

Et rappelons l’évidence que je répète à chaque audit : aucun antivirus, quel qu’il soit, ne garantit une protection totale. Les sauvegardes hors ligne, les mises à jour du système et la vigilance sur les pièces jointes restent la moitié du travail.

Kaspersky est-il interdit en France ?
Non. Les produits restent commercialisés en France en 2026. L’interdiction de vente concerne les États-Unis depuis 2024 ; en France, l’ANSSI a formulé une recommandation de prudence et de diversification, pas une interdiction.
Une porte dérobée a-t-elle été démontrée dans le logiciel ?
Aucune des agences citées dans cet article n’a publié la démonstration d’une porte dérobée. Les décisions prises reposent sur une analyse de risque liée à la juridiction de l’éditeur, ce que ce dernier conteste publiquement.
La version gratuite suffit-elle ?
Pour une machine personnelle utilisée sans données sensibles, elle assure une protection de base et permet surtout de tester le produit. Dès qu’on parle de plusieurs appareils, de transactions bancaires régulières ou de données professionnelles, les fonctions payantes prennent leur sens.
Kaspersky convient-il aux petites entreprises ?
L’éditeur propose des offres dédiées aux TPE et PME avec gestion centralisée des postes. La question technique n’est pas le blocage ; c’est la compatibilité de ce choix avec la politique de sécurité de vos clients et de vos partenaires qu’il faut vérifier avant de signer.
Que se passe-t-il si je change d’antivirus en cours d’abonnement ?
Il faut désinstaller proprement l’ancien avant d’installer le nouveau, deux moteurs de sécurité actifs en simultané se gênant mutuellement. Pensez aussi à exporter les mots de passe stockés dans le gestionnaire intégré avant la désinstallation.

Vous cherchez une alternative hors de ce débat ?

J’ai détaillé ailleurs pourquoi j’ai fini par installer un autre éditeur sur mes propres machines, avec ses forces et ses limites.

Lire pourquoi j’ai choisi Bitdefender pour protéger mon PC

Article mis à jour en août 2026. Sources consultées pour cette version : rapport annuel 2025 d’AV-Comparatives ; annonce du département du Commerce des États-Unis du 20 juin 2024 relayée par la presse spécialisée ; mise en garde du BSI allemand du 15 mars 2022 et réponse publique de Kaspersky ; position de l’ANSSI sur les outils liés à la Russie ; pages produit officielles de l’éditeur pour la composition actuelle de la gamme. Les tarifs et le contenu des offres évoluent : vérifiez les conditions en vigueur avant tout achat. Aucun logiciel de sécurité ne garantit une protection à 100 %.