Mon avis sur WordPress : avantages et inconvénients

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Création sites internet

On m’annonce la mort de WordPress à peu près tous les deux ans. En attendant, le 5 août 2026, W3Techs le mesure encore sur 41,2 % de l’ensemble des sites web, soit 59,1 % de ceux dont le gestionnaire de contenu est identifié. Voilà l’écart entre le discours et les chiffres. Ce qui ne m’empêche pas de trouver à cette plateforme des défauts très concrets, dont un que je considère comme structurel.

Mon avis en une phrase : WordPress reste le meilleur choix par défaut pour un site vitrine, un blog ou une boutique de taille raisonnable, à condition d’assumer que sa sécurité ne dépend presque pas de lui, mais des extensions qu’on lui greffe. C’est un excellent socle qu’on peut rendre catastrophique en trois clics d’installation irréfléchie.

En bref

  • 41,2 % de tous les sites web tournent sous WordPress selon W3Techs (relevé du 5 août 2026), ce qui garantit un écosystème et une communauté sans équivalent.
  • Le cœur du logiciel est solide : sur les 11 334 vulnérabilités relevées en 2025 dans l’écosystème par Patchstack, 6 seulement concernaient le cœur.
  • Le risque est ailleurs : 91 % de ces failles venaient des extensions, et 46 % n’avaient pas de correctif au moment de leur divulgation publique.
  • La lenteur reprochée à WordPress vient presque toujours de l’empilement d’extensions et d’images non optimisées, pas du logiciel lui-même.

Ce que WordPress fait mieux que tout le monde

Sa force n’est pas technique, elle est écosystémique. Quand une plateforme équipe quatre sites sur dix, tout gravite autour d’elle : les hébergeurs proposent une installation en un clic, les développeurs freelance savent y intervenir, les intégrations avec les outils métier existent déjà, et la moindre question a une réponse documentée quelque part.

Ça a une conséquence très concrète que j’apprécie en tant que prestataire : un client n’est jamais prisonnier de moi. S’il veut changer d’agence dans deux ans, il trouvera quelqu’un capable de reprendre son site. Sur une solution propriétaire de niche, ce n’est pas garanti, et je considère que c’est une question d’honnêteté professionnelle autant que de technique.

Le reste des avantages est connu : logiciel libre, donc gratuit à l’installation, personnalisable jusqu’au code, adapté aussi bien à un blog qu’à un catalogue produits, et raisonnablement outillé côté référencement naturel, notamment avec une extension comme Yoast SEO pour structurer les balises et les fils d’Ariane.

Le vrai défaut de WordPress est chiffré, et il ne vient pas de WordPress

C’est le passage que je voulais écrire depuis longtemps, parce qu’il change complètement la façon de poser le problème. Patchstack, société qui suit les vulnérabilités de l’écosystème, a recensé 11 334 nouvelles failles en 2025, en hausse de 42 % sur un an. Le chiffre fait peur tel quel. Sa répartition dit autre chose.

Origine des vulnérabilités relevées en 2025 Part
Extensions (plugins) 91 %
Thèmes 9 %
Cœur de WordPress 6 failles au total sur l’année

Six failles dans le cœur sur une année entière, pour un logiciel installé sur des dizaines de millions de sites, c’est un très bon bilan. Le problème n’est donc pas « WordPress est troué », il est « WordPress vous laisse installer n’importe quoi ». Et le chiffre le plus gênant du rapport est celui-ci : 46 % des vulnérabilités divulguées en 2025 n’avaient pas encore reçu de correctif de la part de leur développeur au moment de la publication.

Mettre à jour ses extensions ne suffit plus : encore faut-il qu’un correctif existe.

Concrètement, ça veut dire que la stratégie « je mets tout à jour tous les mois et je dors tranquille » a du plomb dans l’aile. Elle reste indispensable, elle n’est plus suffisante. Sur les sites que je gère, la vraie protection est venue de la réduction du nombre d’extensions, pas de la fréquence des mises à jour.

La lenteur, un procès à moitié justifié

WordPress est régulièrement accusé de plomber les performances. Après avoir repris plusieurs sites lents, mon constat est plus terre à terre : dans l’immense majorité des cas, la lenteur vient de trois choses, et aucune n’est le logiciel lui-même. Des images publiées en pleine résolution sans compression. Un thème du commerce qui charge des bibliothèques dont le site n’utilise pas un dixième. Et une accumulation d’extensions installées pour tester, jamais désinstallées.

Le contre-exemple est facile à vérifier : la même installation, allégée et servie par un hébergement correct avec un cache actif, redevient rapide sans changer de plateforme. En revanche, une critique tient : les fonctionnalités avancées demandent vite du code, et un site un peu ambitieux finit par nécessiter un développeur. Ce n’est pas un défaut caché, c’est le prix de la souplesse.

Ma routine avant de proposer WordPress à un client

  1. Compter les extensions réellement nécessaires au cahier des charges, et refuser tout ce qui duplique une fonction déjà présente.
  2. Vérifier pour chacune la date de la dernière mise à jour et le sérieux de l’éditeur, avant même de regarder ses fonctionnalités.
  3. Mettre en place les sauvegardes automatiques hors du serveur du site, dès la mise en ligne et pas après le premier incident.
  4. Activer les mises à jour automatiques du cœur, qui sont largement fiables, et garder la main sur celles des extensions.
  5. Prévoir dès le devis qui s’occupera de la maintenance dans un an, parce que c’est là que se joue la sécurité réelle du site.

Trois questions qu’on me pose à chaque devis

WordPress convient-il à un vrai débutant ? Oui, pour publier et modifier du contenu, l’interface s’apprend en une séance. La zone de difficulté n’est pas la rédaction, c’est la maintenance : mises à jour, sauvegardes, arbitrage sur les extensions. Un débutant peut tenir un site, il aura besoin d’aide pour l’entretenir.

Combien coûte réellement un site WordPress ? Le logiciel est gratuit. Le budget se compose du nom de domaine, de l’hébergement, éventuellement d’un thème ou d’extensions payantes, et surtout du temps humain d’installation et de suivi. Annoncer un site WordPress comme « gratuit » est le meilleur moyen de décevoir un client six mois plus tard.

Faut-il craindre les conflits entre extensions ? Ils existent, et ils sont d’autant plus probables qu’on en installe. C’est encore un argument pour la sobriété : moins d’extensions, moins de surface de conflit, moins de surface d’attaque, et un site plus rapide. Les trois problèmes se règlent avec la même discipline.

Et pour construire les pages, on prend quoi ?

Le choix du constructeur de pages pèse autant que celui du thème sur la performance finale du site. J’ai testé le plus répandu d’entre eux.

Lire mon avis sur Elementor, plugin de création de pages

Article mis à jour en août 2026. Sources consultées pour cette version : W3Techs, relevé de part de marché des systèmes de gestion de contenu du 5 août 2026 ; Patchstack, State of WordPress Security in 2026, pour les données de vulnérabilités de l’année 2025. Les chiffres de part de marché évoluent en continu et les données de sécurité sont annuelles : vérifiez leur fraîcheur avant de les réutiliser. Les appréciations exprimées ici viennent de mon expérience de mise en place et de reprise de sites, pas d’un test comparatif en laboratoire.