Comment choisir la meilleure plateforme pour votre site internet

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Création sites internet

On me demande presque toujours quelle plateforme est la meilleure. Depuis le 28 juin 2025, je réponds par une autre question : est-ce que votre activité entre dans le champ de l’obligation d’accessibilité numérique, et est-ce que la solution envisagée vous permet d’y répondre. Ce critère a fait sortir plus de projets de ma liste que le prix ou la facilité d’usage réunis.

Comment choisir la plateforme de son site internet ? En partant de trois contraintes qui ne se négocient pas, avant même de regarder les fonctionnalités : le cadre légal applicable à votre activité, la propriété réelle de ce que vous construisez, et le coût de sortie si vous changez d’avis dans trois ans. Les critères habituels, thèmes disponibles et facilité de prise en main, se départagent ensuite et se rattrapent toujours.

En bref

  • L’obligation d’accessibilité s’applique aux services de commerce électronique depuis le 28 juin 2025, avec une exemption pour les entreprises de moins de 10 salariés.
  • La sanction peut atteindre 50 000 €, renouvelable tous les six mois si le manquement persiste.
  • WordPress représente 41,1 % de l’ensemble des sites et 59,1 % du marché des CMS selon W3Techs au 9 août 2026.
  • Chez Shopify, la formule Basic est à 27 € par mois en facturation annuelle, avec 2 % de frais sur les paiements hors Shopify Payments.

La contrainte que la plupart des projets découvrent trop tard

L’accessibilité numérique est devenue une obligation légale pour une grande partie des sites marchands, et elle conditionne le choix technique. Le cadre vient de la directive européenne 2019/882, transposée en droit français par la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023 et le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023, applicable depuis le 28 juin 2025.

Le périmètre est plus large qu’on ne le croit : commerce électronique, services bancaires, transport, télécommunications, livres numériques et médias audiovisuels. Les microentreprises de moins de dix salariés dont le chiffre d’affaires annuel ou le total de bilan ne dépasse pas 2 millions d’euros sont exemptées pour les services concernés. En dessous de ce seuil, l’obligation ne s’impose pas ; au-dessus, elle s’applique quelle que soit la taille du site.

La conformité s’apprécie au regard de la norme européenne EN 301 549 et, pour les sites web, du RGAA, le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité, qui transpose les critères WCAG de niveau AA. La surveillance revient à plusieurs autorités selon le secteur, la DGCCRF étant compétente pour le commerce en ligne, et la sanction financière peut atteindre 50 000 €, renouvelable tous les six mois tant que le manquement dure.

Une précision qui circule mal : la période transitoire courant jusqu’au 28 juin 2030 prévue par la directive concerne les produits déjà utilisés par un prestataire pour fournir un service, ainsi que les contrats conclus avant l’entrée en application. Elle ne constitue pas un sursis général de cinq ans pour mettre un site web en conformité.

Une plateforme se choisit sur ce qu’on peut en sortir

Les quatre familles, comparées sur ce qui compte

Toutes les solutions du marché se rangent en réalité dans quatre familles, qui se distinguent moins par leurs fonctions que par ce qu’elles vous laissent maîtriser.

Solution Modèle Ce que vous maîtrisez Sortie
WordPress et WooCommerce Logiciel libre, hébergement à votre charge Tout, code compris, y compris les correctifs d’accessibilité Vous partez avec les fichiers et la base de données
Shopify Abonnement, hébergement inclus Le contenu et le thème, pas l’infrastructure ni le tunnel de paiement Export du catalogue et des clients, mais le site est à refaire
Wix, Squarespace Abonnement, éditeur visuel intégré La mise en page, dans les limites de l’éditeur Sortie difficile, la mise en page n’est pas portable
Développement sur mesure Prestation, code spécifique Tout, à condition d’avoir le contrat et les sources Dépend entièrement de la qualité de la documentation

Côté budget, les tarifs Shopify relevés en août 2026 sur le site français de l’éditeur donnent un ordre de grandeur utile : 27 € par mois pour la formule Basic en facturation annuelle, 79 € pour Grow, 289 € pour Advanced, et à partir de 2 100 € par mois pour Plus. En facturation mensuelle, ces montants passent respectivement à 36 €, 105 € et 384 €. À cela s’ajoutent des frais sur les transactions si vous n’utilisez pas Shopify Payments, de 2 % sur Basic jusqu’à 0,2 % sur Plus. Ces frais sont la ligne que les commerçants oublient le plus souvent dans leur calcul.

Ce que les parts de marché disent, et ne disent pas

La popularité d’une plateforme n’est pas un critère de qualité, mais elle a une conséquence pratique réelle. Selon le relevé W3Techs du 9 août 2026, WordPress équipe 41,1 % de l’ensemble des sites web et 59,1 % de ceux qui utilisent un système de gestion de contenu identifié, devant Shopify à 5,3 %, Wix à 4,3 % et Squarespace à 2,5 %. À noter que 30,4 % des sites n’utilisent aucun CMS parmi ceux que l’outil surveille.

Ce que ce classement change concrètement : la disponibilité des compétences. Sur WordPress, vous trouverez un prestataire pour reprendre le site dans n’importe quelle ville, et une extension pour presque tout, avec le revers que cela implique côté maintenance. Encore faut-il choisir ces extensions correctement, et j’ai détaillé les vérifications que je fais avant d’installer un plugin. Sur une solution plus confidentielle, un départ de prestataire peut immobiliser un projet pendant des mois.

Comment je tranche, selon trois situations

Une vitrine pour une activité locale, sans vente en ligne

Un éditeur visuel comme Wix ou Squarespace fait très bien l’affaire, à condition d’accepter de ne jamais partir avec la mise en page. Pour cinq à dix pages qui bougeront peu, c’est la solution la plus rapide et la moins coûteuse à faire vivre, et l’obligation d’accessibilité ne s’applique généralement pas à ce type de site s’il ne relève pas des services couverts.

Une boutique en démarrage, un catalogue restreint

Shopify reste le chemin le plus court vers une vente réelle, parce qu’il prend en charge le paiement, la logistique de base et la conformité technique du tunnel d’achat. Le coût mensuel se justifie tant qu’il vous évite un prestataire. Il devient discutable quand le volume monte et que les frais de transaction dépassent le prix d’une infrastructure autonome.

Un site qui doit durer et évoluer

WordPress avec WooCommerce, hébergé chez un prestataire sérieux. C’est plus exigeant en maintenance, mais c’est la seule configuration où vous décidez du calendrier des mises à jour, où vous pouvez corriger vous-même un défaut d’accessibilité dans un thème, et où changer d’hébergeur ne veut pas dire refaire le site.

Le réflexe que je recommande avant de signer

Avant de choisir, demandez à voir comment on sort de la solution. Comment récupère-t-on le catalogue, les comptes clients, les commandes, les URL existantes. Une plateforme qui répond clairement à cette question mérite qu’on lui confie un projet. Une plateforme qui rend la sortie floue vous fera payer ce flou le jour où vous voudrez partir, et ce jour arrive presque toujours plus tôt que prévu.

Vous penchez pour la solution hébergée ?

J’ai monté une boutique complète sur Shopify et documenté ce qui m’a décidé, ce que ça coûte réellement et là où ça coince.

Lire pourquoi j’ai choisi Shopify pour un site e-commerce

Article mis à jour en août 2026. Sources consultées pour cette version : la directive (UE) 2019/882 dite European Accessibility Act, sa transposition par la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023 et le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023, pour la date d’application du 28 juin 2025, le champ des services couverts, l’exemption des entreprises de moins de dix salariés sous 2 millions d’euros, le montant maximal de 50 000 € renouvelable tous les six mois et la portée réelle de la période transitoire de 2030 ; la page de tarification française de Shopify, relevée le 9 août 2026, pour les montants mensuels et les frais de transaction hors Shopify Payments ; le relevé W3Techs du 9 août 2026 pour les parts de marché des systèmes de gestion de contenu. Les tarifs et les seuils évoluent : vérifiez-les avant de vous engager, et faites confirmer votre situation au regard de l’obligation d’accessibilité par un conseil qualifié. Les arbitrages proposés reflètent ma pratique professionnelle.