Comment améliorer l’expérience utilisateur sur votre site internet ?

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Création sites internet

La refonte la plus décevante que j’ai vue passer était aussi la plus belle à regarder. Nouveau design, animations sur chaque bloc, carrousel plein écran en page d’accueil. Trois mois après la mise en ligne, les demandes de devis avaient baissé et personne ne comprenait pourquoi. C’est ce projet qui m’a appris que l’expérience utilisateur ne se juge pas à l’œil, elle se mesure.

Comment améliorer l’expérience utilisateur de votre site internet ? En traitant quatre chantiers dans cet ordre : la performance telle qu’elle est vécue par vos visiteurs réels, l’accessibilité qui est devenue une obligation légale pour une partie des sites, la clarté du parcours de navigation, puis la lisibilité des appels à l’action. Les deux premiers se contrôlent avec des seuils publics et vérifiables. Les deux suivants se testent sur de vraies personnes.

En bref

  • Les seuils Core Web Vitals publiés par Google : LCP sous 2,5 secondes, INP sous 200 millisecondes, CLS sous 0,1.
  • Ces seuils s’apprécient au 75e centile des visites réelles, pas sur un test de labo lancé une fois.
  • INP a remplacé FID le 12 mars 2024 : la réactivité se juge désormais sur toutes les interactions d’une visite.
  • Depuis le 28 juin 2025, l’accessibilité numérique s’impose aux services de e-commerce français au-delà d’un certain seuil de taille.

Ce que Google mesure vraiment, et ce qu’il en fait

Google publie trois indicateurs d’expérience de page, les Core Web Vitals, et il publie aussi ses seuils. Autrement dit, il n’y a rien à deviner sur ce sujet, il y a une grille à respecter.

Indicateur Ce qu’il mesure Seuil « bon »
LCP Le temps d’affichage du plus gros élément visible de la page 2,5 secondes
INP Le délai avant retour visuel après un clic, un appui ou une frappe 200 millisecondes
CLS La stabilité visuelle, donc les éléments qui bougent pendant le chargement 0,1

Deux précisions changent tout dans l’interprétation. D’abord, ces seuils s’apprécient au 75e centile des chargements réels, mobile et ordinateur mesurés séparément : il faut donc que trois visiteurs sur quatre soient dans le vert, pas que le test lancé depuis votre fibre soit joli. Ensuite, INP a remplacé FID le 12 mars 2024, et ce changement est loin d’être cosmétique. FID ne regardait que la première interaction de la visite. INP retient la plus lente de toutes. Un menu qui rame au troisième clic ne passait pas inaperçu, il passait simplement à travers l’ancienne mesure.

Reste à ne pas surestimer l’enjeu SEO. La documentation de Google Search sur l’expérience de page est explicite : il n’existe aucun score unique d’expérience de page, et le moteur cherche d’abord le contenu le plus pertinent, même quand l’expérience de la page est médiocre. Les Core Web Vitals sont un critère parmi d’autres, pas un interrupteur. Pour la mesure au quotidien, Google PageSpeed Insights reste gratuit et suffit largement, à condition de lire l’onglet des données de terrain et pas seulement le score de laboratoire.

L’accessibilité n’est plus un bonus, c’est une obligation

Bandeau sur les obligations d'accessibilité numérique applicables aux sites de vente en ligne

Depuis le 28 juin 2025, l’accessibilité numérique a changé de nature en France : elle est passée du conseil de bonne pratique à l’obligation opposable pour toute une série de services vendus aux consommateurs, dont le commerce en ligne. Le texte de départ est la directive européenne 2019/882, transposée par le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023, pris pour l’application de l’article L. 412-13 du code de la consommation. Le contrôle relève de la DGCCRF.

Deux points pratiques à retenir avant de paniquer. Le premier : les très petites structures, sous le double seuil de 10 salariés et de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, sortent du champ de l’obligation. Le second : la conformité s’apprécie au regard de la norme européenne EN 301 549, dont le volet web renvoie au RGAA. Il y a donc un référentiel opposable, ce qui est plutôt une bonne nouvelle quand on doit chiffrer un chantier.

Sur les sites que j’accompagne, le premier passage rapporte presque toujours les mêmes corrections : contrastes de texte insuffisants, champs de formulaire sans étiquette associée, images décoratives et informatives traitées de la même façon, navigation impossible au clavier dès qu’un menu déroulant s’en mêle. Rien de spectaculaire, rien de coûteux pris en amont, très coûteux quand on doit y revenir après une refonte complète.

L’expérience utilisateur ne se juge pas à l’œil, elle se mesure

La navigation, ou l’art de ne pas faire réfléchir

Illustration du parcours de navigation d'un visiteur entre la page d'accueil et la page de contact

La navigation se teste avec trois questions posées à quelqu’un qui ne connaît pas le site. Où suis-je, qu’est-ce que ce site propose, et où je clique pour l’obtenir. Si la réponse aux trois demande plus de cinq secondes sur la page d’accueil, le problème n’est ni la charte graphique ni le référencement.

C’est aussi là que se joue le sort du fameux carrousel de mon projet raté. Un visiteur qui arrive sur une promesse qui défile ne retient aucune des trois. Une hiérarchie visuelle claire, une entrée par besoin plutôt que par organigramme interne, et un menu qui tient sans sous-sous-niveaux font gagner plus de conversions que n’importe quelle animation. Sur WordPress, un constructeur de pages comme Elementor aide beaucoup à tester ces variantes rapidement, ce qui évite de trancher au feeling en réunion.

Les appels à l’action, dernier mètre du parcours

Exemple de bouton d'appel à l'action mis en avant en bas d'une page de service

Un bon appel à l’action ne se distingue pas par sa couleur, mais par le fait qu’il dit ce qui va se passer après le clic. « Demander un devis gratuit sous 48 h » travaille mieux que « Contactez-nous », parce qu’il lève une objection au lieu de donner un ordre. Un seul appel à l’action dominant par page, répété plutôt que multiplié, et surtout visible sans avoir à faire défiler jusqu’en bas sur mobile.

Le reste est une affaire de mesure. Sans suivi, une modification de bouton n’est qu’une préférence esthétique déguisée en décision. J’ai détaillé ailleurs ce que Google Analytics fait bien et là où il agace, mais l’outil importe moins que la discipline : décider quel événement compte avant de changer quoi que ce soit.

Faut-il viser un score de 100 sur PageSpeed Insights ?
Non. Le score de laboratoire est un indicateur de diagnostic, pas l’objectif. Ce qui compte est le passage des trois seuils sur les données de terrain, au 75e centile de vos visites réelles.
Un site accessible est-il forcément moins beau ?
Non, mais il est plus contraint. Les contraintes portent sur les contrastes, la taille des zones cliquables, la navigation au clavier et la structure des titres. Aucune n’interdit un parti pris graphique fort, toutes interdisent l’improvisation.
Mon site vitrine de trois pages est-il concerné par l’obligation du 28 juin 2025 ?
Le champ visé porte sur des services rendus aux consommateurs, dont le commerce électronique, et les structures sous 10 salariés et 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en sont exclues. Un site vitrine sans vente en ligne d’une petite structure reste donc en dehors, ce qui ne dispense pas de l’intérêt d’être accessible.
Par quoi commencer si le budget est serré ?
Par le CLS et les contrastes. Ce sont les deux corrections qui coûtent le moins cher et qui se voient le plus vite, l’une sur les indicateurs, l’autre sur le confort de lecture.

Votre site est rapide mais personne ne le trouve ?

L’expérience utilisateur ne remplace pas la visibilité. Si votre activité dépend d’une clientèle de proximité, le chantier suivant est ailleurs.

Voir comment j’aborde l’optimisation du SEO local

Article mis à jour en août 2026. Sources consultées pour cette version : la documentation web.dev de Google pour les seuils LCP, INP et CLS et la mesure au 75e centile ; le blog web.dev pour la date de bascule de FID vers INP au 12 mars 2024 ; la documentation Google Search Central sur l’expérience de page pour l’absence de score unique et la primauté de la pertinence du contenu ; le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023 pris pour l’application de l’article L. 412-13 du code de la consommation, transposant la directive (UE) 2019/882, pour l’entrée en application au 28 juin 2025, le seuil d’exclusion des microentreprises et le renvoi à la norme EN 301 549. Les seuils de performance et les référentiels d’accessibilité évoluent : vérifiez la documentation de référence avant de chiffrer un chantier. Les constats de terrain et les priorités de correction reflètent ma pratique professionnelle.