Quand on me demande comment se faire connaître, la réponse attendue est presque toujours « il faut faire de la pub ». Ce n’est pourtant jamais par là que je commence. Sur les dossiers locaux que j’accompagne, les premiers appels arrivent grâce à un travail nettement moins spectaculaire : rendre l’entreprise trouvable à l’endroit exact où on la cherche déjà.
Faire connaître une entreprise commence par deux chantiers qui passent avant tout achat de publicité : une fiche d’établissement Google renseignée sérieusement, parce que c’est elle qui décide de votre présence dans les recherches locales, et un site dont les mentions d’identification sont conformes, parce que c’est ce qui vous rend joignable et crédible. La publicité, imprimée ou en ligne, sert ensuite à amplifier quelque chose qui existe déjà. Elle ne le crée pas.
En bref
- Le prospectus en boîte aux lettres reste légal, mais le Stop Pub est redevenu la règle partout en France depuis le 1er mai 2025.
- Google classe les résultats locaux sur trois critères qu’il énonce lui-même : pertinence, distance, proéminence.
- Les mentions légales d’un site ne relèvent plus de l’article 6 III de la LCEN depuis la loi SREN du 21 mai 2024, mais de son article 1-1.
- Un partenariat rémunéré avec un créateur de contenu exige un contrat écrit dès 1 000 € HT cumulés dans l’année.
Le prospectus n’est pas mort, il a juste changé de règle
Distribuer des imprimés dans les boîtes aux lettres reste autorisé, à condition de respecter le refus des habitants. Ce point vient de connaître un rebondissement que beaucoup de commerçants ont manqué. Entre le 1er mai 2022 et le 30 avril 2025, quatorze territoires français ont testé le dispositif Oui Pub : le principe s’inversait, et seuls les foyers ayant collé l’autocollant recevaient les publicités. Le taux d’apposition est resté très bas, autour de 7 % en moyenne selon le rapport d’évaluation publié par le ministère de la Transition écologique.
Le gouvernement n’a pas jugé opportun de généraliser le dispositif. Résultat concret pour vous : depuis le 1er mai 2025, c’est le Stop Pub qui s’applique de nouveau sur tout le territoire, y compris dans les quatorze territoires pilotes. Autrement dit, vous pouvez distribuer, sauf sur les boîtes qui affichent le refus. Je le précise parce que j’ai vu passer des devis de distribution rédigés sur la base de l’ancienne expérimentation, avec des volumes calculés au petit bonheur.

La fiche d’établissement, le canal que je fais toujours passer en premier
Pour une entreprise qui a une zone de chalandise, la fiche d’établissement Google produit plus d’effet que n’importe quelle première campagne. Google documente lui-même les trois critères qui déterminent le classement d’un résultat local : la pertinence par rapport à la recherche, la distance entre le demandeur et l’établissement, et la proéminence, c’est-à-dire la notoriété de l’entreprise telle qu’elle se lit en ligne.
Sur les trois, un seul dépend entièrement de vous. La distance, vous ne la changez pas. La proéminence se construit lentement. La pertinence, en revanche, se joue sur des informations que vous saisissez vous-même : catégorie d’activité exacte, description des prestations, horaires réels, horaires exceptionnels des jours fériés, photos récentes, réponses aux avis. Ce sont exactement les éléments que Google recommande de compléter, et ce sont ceux qu’on retrouve vides sur la majorité des fiches que je reprends.
Petit rappel de vocabulaire au passage : « Google Adresses » n’existe plus sous ce nom. Si un prestataire vous vend encore une prestation ainsi intitulée, vous avez un premier indice sur la fraîcheur de sa méthode.
Comparer les canaux avant de choisir, plutôt que l’inverse
La question n’est pas de savoir quel canal est le meilleur dans l’absolu, mais lequel correspond à votre délai et à votre capacité de mesure. Voici comment je les positionne quand je fais le tour d’un projet local.
| Canal | Ce qu’il apporte vraiment | Sa limite principale |
|---|---|---|
| Imprimé en boîte aux lettres | Une couverture géographique précise, utile pour une ouverture ou un déménagement | Aucune mesure fiable du retour, sauf à imprimer un code ou un numéro dédié |
| Fiche d’établissement | De la visibilité sur des recherches où l’intention d’achat est déjà là | Demande un entretien régulier, sinon les informations se périment |
| Annonces payantes | Un flux immédiat, arrêtable du jour au lendemain | Le flux s’arrête avec le budget, rien ne reste acquis |
Mon ordre de préparation ne varie presque jamais : je fiabilise la fiche et le site, je mesure ce qui rentre naturellement pendant quelques semaines, et seulement ensuite j’ouvre un budget publicitaire. Dépenser avant d’avoir un point de comparaison revient à ne jamais savoir ce que la publicité a réellement apporté. J’ai détaillé cette logique de visibilité de proximité dans mes conseils pour optimiser son référencement local.
Ce à quoi vous vous exposez dès que vous commencez à communiquer
Communiquer fait entrer une entreprise dans un cadre juridique qu’elle ignorait tant qu’elle restait silencieuse. Trois points reviennent systématiquement dans les dossiers que je reprends.
Les mentions légales d’abord. Beaucoup de modèles disponibles en ligne citent encore l’article 6, III de la LCEN. Cet article a été supprimé par la loi SREN du 21 mai 2024 : les obligations d’identification figurent désormais à l’article 1-1 de la LCEN, avec des sanctions pouvant atteindre un an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. Un éditeur non professionnel peut rester anonyme vis-à-vis du public, à condition d’avoir communiqué son identité à son hébergeur et de publier les coordonnées de celui-ci.
La prospection par email ensuite. Le consentement préalable est la règle auprès des particuliers. L’exception qui vise les clients existants suppose trois conditions cumulatives : des coordonnées recueillies directement à l’occasion d’une vente ou d’une prestation, une sollicitation portant sur des produits ou services analogues de la même entreprise, et une possibilité d’opposition simple et gratuite offerte au moment de la collecte comme dans chaque message. Créer un compte sans acheter n’ouvre pas cette exception, contrairement à ce que je lis souvent.
Les partenariats rémunérés enfin. La loi du 9 juin 2023 impose les mentions « Publicité » ou « Collaboration commerciale » sur les contenus concernés. Depuis le 1er janvier 2026, un décret de novembre 2025 y ajoute un contrat écrit obligatoire dès 1 000 € HT cumulés par annonceur et par an, rémunérations et avantages en nature confondus. Le seuil se franchit vite quand on envoie des produits à tester.
Une fois qu’on vous trouve, encore faut-il donner envie de rester
La visibilité amène le visiteur, le contenu décide s’il revient. C’est le prolongement direct de ce que je décris ici.
Voir comment le marketing de contenu installe une visibilité durable
Article mis à jour en août 2026. Sources consultées pour cette version : la page du ministère de la Transition écologique consacrée à l’expérimentation Oui Pub pour les dates du 1er mai 2022 au 30 avril 2025, les quatorze territoires et le retour du Stop Pub au 1er mai 2025 ; la documentation Google Business Profile pour les trois critères de classement local ; la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 (SREN) et l’article 1-1 de la LCEN pour les mentions légales ; les recommandations de la CNIL sur la prospection commerciale et l’exception de l’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques ; la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 et le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 pour le seuil de 1 000 € HT. Les seuils et obligations évoluent : vérifiez-les avant d’engager une campagne.